L’entraînement à sec : mémoriser les arômes, un challenge au quotidien
Pas de secret : la progression démarre en intégrant les odeurs du quotidien. Les œnologues professionnels passent une grande partie de leur apprentissage à sentir : fleurs, fruits, épices, légumes, mais aussi terre humide, cuir ou résine. L’astuce : constituer une « bibliothèque olfactive » personnelle, en amplifiant les expériences olfactives du quotidien.
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Prenez le temps, en faisant les courses, de sentir les herbes fraîches, les fruits qui mûrissent, même l’écorce d’agrumes.
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En cuisine, stoppez-vous un instant pour humer différentes épices à l’aveugle. Les œnologues s’exercent régulièrement à ce petit jeu.
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N’hésitez pas à humer des objets plus inattendus (pierre, bois, terre fraîchement retournée), qui reviennent souvent en dégustation de vin.
Ce type d’entraînement, répété, contribue à renforcer ce qu’on appelle la « mémoire olfactive », célèbre chez les parfumeurs. Plus on pratique, plus on est capable d’associer rapidement une odeur à un mot précis.
Les kits d’arômes : l’outil phare des formations
Dans toutes les formations reconnues (WSET, DUAD, BIVB…), l’utilisation de mallettes à arômes ou « kits d’arômes du vin » est incontournable. Les plus connus (Le Nez du Vin de Jean Lenoir, Aromaster, Vinolok…) proposent entre 12 et 54 fioles, chacune aux arômes précis, calibrés scientifiquement.
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Le Nez du Vin (Jean Lenoir) : Permet de travailler les arômes des différents styles de vins, du plus courant (cassis, vanille) au plus pointu (truffe, cuir).
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Aromaster : Propose des « quizz » olfactifs pour s’entraîner à l’aveugle avec un système de cartes.
L’avantage des kits : les arômes sont reproduits de façon stable dans le temps, ce qui permet de s’entraîner même lorsque la saison des fruits est passée. Ces outils sont plébiscités par les professionnels pour leur efficacité, notamment dans les cursus où la rapidité d’identification est notée.
Les exercices dirigés en groupe : débriefer, mettre des mots, progresser
En formation, la dégustation en groupe est précieuse, car elle permet de confronter ses impressions, d’apprendre avec les mots des autres, et de découvrir la diversité de nos perceptions (l’arôme de “poivron vert” est, pour beaucoup, une vraie révélation en Loire !).
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Chacun sent le même échantillon à tour de rôle, partage son ressenti et tente de trouver un consensus.
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Les formateurs guident vers le « bon mot », incitent à ne pas sur-interpréter une odeur (faire le tri entre ce que l’on ressent vraiment et ce que l’on s’attend à retrouver).
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Les débats permettent d’enrichir son vocabulaire (un arôme “beurré” dans un Chardonnay, “muscade” dans un vieux Porto…).
Point fondamental : il faut se décomplexer face au vocabulaire du vin. Il n’y a pas de “bonne” ou “mauvaise” réponse, il y a une progression individuelle. Certains arômes évoquent une madeleine, pour d’autres c’est carrément la salle de classe du collège. Cela aussi, c’est la magie du vin.