Il existe un paradoxe : une faible présence de Brettanomyces peut ajouter de la complexité et séduire certains palais, surtout dans des styles rustiques ou des appellations où la « tradition » laisse une place à l’interprétation (certains Bordeaux, le Rhône sud, des vins de Rioja…). Mais dès que la bête prend le dessus, le vin s’effondre sous l’effet de ses arômes envahissants.
Qu’est-ce qui fait basculer le charme en défaut ? Ce sont, tout simplement, les quantités mesurées de 4-éthylphénol, 4-éthylguaiacol, ou encore d’autres phénols volatils. D’après l’IFV (Institut Français de la Vigne et du Vin), les seuils organoleptiques pour le vin se situent ainsi :
- 4-éthylphénol : 440 µg/L (rouge), 620 µg/L (blanc)
- 4-éthylguaiacol : 110 µg/L (les vins rouges sont plus sensibles que les blancs à ce composé)
Au-delà de ces seuils, la plupart des dégustateurs perçoivent l’arôme et, souvent, ne l’apprécient plus. En dessous, certains y voient même un supplément d’âme.