Kits d’entraînement olfactif : lequel choisir pour affûter son nez de débutant ?
Décrypter les arômes du vin, c’est un peu comme apprendre à lire une carte au trésor : une fois qu’on a les bons repères, la d...
Le vin en grand, sans chichi mais avec panache
L’odorat représente à lui seul environ 80 % de la perception d’un vin (source : INRAE), bien loin devant le goût ou la vue. Pourtant, rares sont les amateurs qui s’y entraînent vraiment. La bonne nouvelle ? À l’inverse d’un muscle, il ne se fatigue pas : plus on le sollicite, plus il se développe. La mauvaise nouvelle ? Il n’y a pas de raccourci magique. Il faut de la régularité, comme quand on apprend un instrument. Mais ici, pas de fausses notes, juste quelques grimaces (et parfois des regards interrogateurs de l’entourage quand on renifle sa salade de fruits avec sérieux).
L’olfaction, c’est un peu comme une boîte à mystères. Ce qu’on appelle communément “le nez d’un vin”, c’est en réalité une explosion de centaines de composés volatils, capables de déclencher des souvenirs et des émotions avant même la première gorgée. Pour se repérer, les pros s’appuient sur des familles aromatiques. Les grandes familles à connaître :
En identifiant ces catégories, vous gagnez un point de repère solide. Ne vous laissez pas impressionner par ceux qui évoquent “une pointe de bourgeon de cassis du côté sud de la haie”. Faites simple, visez juste, puis affinez avec l’expérience.
Entrer dans la magie des odeurs, c’est avant tout s’y confronter au quotidien. Inutile de vous ruiner en kits professionnels dès le début (bien qu'ils aient leur intérêt, voir plus bas). Voici la marche à suivre pour progresser vite, et sans s’ennuyer :
Ouvrez placard, frigo, panier à fruits, et reniflez ! Fermez les yeux, essayez d’identifier à l’aveugle. Faites l’exercice à différents moments de la journée :
Petit jeu à faire en duo ou en famille : faire deviner l’odeur cachée dans un pot. Succès garanti, même avec les plus jeunes.
Récupérez des petites boîtes ou des pots à confiture. Glissez-y :
Ensuite, entraînez-vous en mode “nez bandé” pour deviner les essences. Ajoutez petit à petit de la difficulté en mélangeant les familles (un fruit, une épice, une fleur, etc.).
Des coffrets comme Le Nez du Vin (Jean Lenoir) regroupent des fioles d’arômes clés, calibrées selon les profils du vin (rouge, blanc, spiritueux). Très plébiscité chez les sommeliers, ils aident à ancrer la mémoire olfactive. Le coût (souvent plus de 100 €) peut freiner, mais en club ou prêt, c’est top. En savoir plus sur Le Nez du Vin
En complément, il existe des applications mobiles qui proposent des exercices et fiches mémoire pour s'entraîner. L'idéal reste d'associer support physique et support numérique, pour ne pas tomber dans l'abstraction totale.
Plutôt que de faire de gros efforts deux fois par an avant un dîner important, le secret est la régularité (dix minutes par jour suffisent). Voici un exemple de planning sur un mois, à ajuster selon vos envies et dispo :
| Semaine | Objectif | Exemples |
|---|---|---|
| 1 | S’entraîner sur 5 odeurs basiques chaque jour | Fruits de saison, café, fleurs fraîches |
| 2 | Explorer une nouvelle famille aromatique | Épices de la cuisine, herbes fraîches, légumes crus |
| 3 | Associer odeurs et souvenirs | Faire une liste de ses souvenirs d’enfance liés aux arômes (gâteaux, sieste dans l’herbe…) |
| 4 | Entraînement à l’aveugle (avec ou sans kit) | Faire deviner à un proche, noter ses réussites et difficultés ; tester des arômes “bizarres” (champignon, sous-bois, cuir, tabac…) |
Si vous souhaitez aller plus loin, fixez-vous un défi : retrouver 80 % des odeurs d’un kit, trois semaines de suite. Selon une étude menée sur des étudiants sommeliers à Bordeaux, il faut en moyenne 40 à 50 expositions à une odeur pour l’ancrer durablement (Université de Bordeaux, 2011).
Gardez un petit carnet où noter, chaque jour, les odeurs marquantes croisées, quelques mots pour les décrire (“sucré, frais, piquant, poussiéreux…”). Avec le temps, vous verrez vos descriptions gagner en finesse comme en vocabulaire – et ferez des merveilles lors des dégustations à l’aveugle.
Un bon entraînement, c’est bien. Un bon entraînement AU SERVICE du vin, c’est mieux.
Si vous manquez d’idées, testez des dégustations “olfactives pures”, sans avaler le vin, en ne vous fiant qu’au nez (bouchon du verre fermé, puis ouverture, par exemple).
Développer son nez, c’est facile à intégrer à un quotidien, et c’est surtout très gratifiant : à mesure que les odeurs se précisent, la dégustation bascule du simple plaisir à la découverte sans fin. On apprivoise la “mémoire du vin” par petites touches, jour après jour, bien loin des discours ampoulés.
Dernier conseil : entourez-vous d’autres curieux, échangez, amusez-vous à surprendre votre entourage avec un nez qui capte les nuances les plus fines. Le vin, c’est aussi une affaire de partage — et avec un bon nez, votre table sera toujours remplie de belles discussions !
Pour prolonger le plaisir, explorez les ressources de l’Académie du Nez (https://www.academiedunez.com/) ou du CNRS qui publie régulièrement sur la science de l’olfaction. Rien que de très sérieux pour un apprentissage qui ne l’est jamais tout à fait.