Kits d’entraînement olfactif : lequel choisir pour affûter son nez de débutant ?
Décrypter les arômes du vin, c’est un peu comme apprendre à lire une carte au trésor : une fois qu’on a les bons repères, la d...
Le vin en grand, sans chichi mais avec panache
Avant de parler de ses vertus presque magiques, il vaut le coup de faire connaissance avec ce fameux verre INAO. Derrière ces quatre lettres – Institut National de l’Origine et de la Qualité – se cache une véritable petite révolution dans le monde du vin. Retour rapide en 1970 : la France, décidée à standardiser l’analyse sensorielle du vin, mandate un groupe d’experts œnologues, verriers, dégustateurs. Objectif ? Concevoir un contenant universel, qui mettra toutes les bouteilles (et les dégustateurs) sur un pied d’égalité. Le résultat, c’est notre « INAO » actuel, adopté officiellement en 1971 (source : INAO, inao.gouv.fr).
Sa forme trapue, sa petite taille (160 ml), son pied court et son buvant refermé n’ont rien d’un caprice esthétique. Ce sont les fruits d’essais, d’erreurs et de débats passionnés entre techniciens et amoureux du vin.
Le mythe du verre qui « change tout » n’est pas qu’une légende : la forme de l’INAO répond à des exigences scientifiques, notamment pour l’analyse visuelle. Décortiquons les points clés :
Difficile de faire plus calibré pour l’exercice – et ce n’est pas un hasard si les concours et dégustations professionnelles l’imposent quasi systématiquement (OIV – Organisation Internationale de la Vigne et du Vin).
L’œil n’est pas qu’un courtisan du vin – c’est même souvent lui qui donne la première pièce du puzzle sensoriel. Observer un vin, c’est déjà en apprendre long sur son âge, son cépage, même sur sa vinification. Mais sans un verre adapté, on peut vite voir trouble.
En somme, l’INAO est conçu pour laisser le vin s’exprimer… à l’œil. C’est même pour ça que la plupart des fiches de dégustation officielle imposent la double inclinaison (vue dessus et vue de profil) dans ce type de verre.
| Type de verre | Qualité de transparence | Surface d'observation | Déformation de la couleur | Facilité d'observation des larmes et des reflets |
|---|---|---|---|---|
| INAO | Excellente (verre blanc) | Large (paroi incurvée, faible contenance) | Aucune (géométrie neutre) | Optimale |
| Verre à eau | Basse à moyenne | Souvent trop large ou trop étroite | Souvent présente (paroi colorée ou épaisse) | Mauvaise (buvant trop ouvert, fond épais) |
| Verre à pied standard | Bonne si en cristal, moyenne sinon | Moyenne | Légère selon forme | Acceptable, mais moins précise |
| Gobelet | Mauvaise | Trop étriquée | Important | Mauvaise |
Ce petit tableau parle de lui-même : pour scruter le vin dans ses moindres recoins, rien ne surpasse l’INAO.
Dans les concours sérieux – Concours Général Agricole, Vinalies Internationales, Concours Mondial de Bruxelles… – le verre INAO règne sans partage. Pourquoi ? Parce qu’il supprime au maximum les biais : tous les vins, du grand cru au plus modeste, sont évalués dans les mêmes conditions. Testez vous-même : la prochaine fois que vous décantez un vin de table dans un verre à eau, puis dans un INAO, tentez de deviner l’âge ou le cépage à l’œil. L’exercice est bien moins aisé dans un verre inadapté…
Même logique dans les formations type WSET ou BTS viticulture-œnologie : l’analyse visuelle s’enseigne et s’entraîne exclusivement sur ce verre. C’est une sorte de « mise à niveau » universelle, pour éviter les erreurs de jugement causées par le contenant (source : WSET Global).
On a trop tendance à croire que le charme du vin passe toujours par le nez ou la bouche. Mais, pour l’expert, la vue c’est déjà de l’anticipation :
En professionnel, ces indices orientent très vite : en 15 secondes, un œil averti peut déjà imaginer ce qu’il s’apprête à goûter. Plus le verre est fidèle à la réalité, plus le jugement est pertinent.
Le monde du vin ne manque pas d’innovations, ni d’arguments marketing pour nous vendre des verres « spécialement pensés pour chaque cépage ». Mais, pour l’analyse visuelle, l’uniformité est reine. Un verre à Bourgogne, avec son énorme calice, ou un verre Riedel « cépage précis », seront peut-être parfaits pour exacerber un arôme… mais leur forme déforme souvent la vision de la robe, ou crée des distorsions de lumière (source : La Revue du Vin de France).
Autre point rarement évoqué : pour évaluer plusieurs vins côte à côte, il faut garantir des conditions identiques. En visuel comme en olfactif – d’où le côté universel de l’INAO.
Le grand atout de l’INAO, c’est sa simplicité et son coût. On en trouve une boîte de 6 autour de 25 à 30 € – difficile de faire mieux pour un accessoire pros. Pour celui qui veut progresser dans la dégustation, s’équiper de ce type de verre c’est déjà gagner en justesse, en compréhension du vin… et, disons-le, en plaisir.
Pour approfondir, l’analyse visuelle peut même devenir un jeu à la maison : organiser une mini-verticale (plusieurs millésimes d’un même vin) dans des verres INAO, et tenter de classer les vins rien qu’à la couleur. Bluffant et formateur !
Que l’on déguste pour le plaisir, ou pour l’expertise, impossible de faire l’impasse : le verre INAO a conquis son statut d’outil universel, car il rend tout simplement la justice à l’œil du dégustateur… et au vin, avant tout.